TONY CURTIS PLUS VIVANT QUE JAMAIS !!

foutufourbi Par Le 19/03/2013 0

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bolides-3.jpgDisparu en 2010, Tony Curtis est pour beaucoup le millionnaire new-yorkais de Amicalement vôtre. C'est assurément un de ses rôles les plus célèbres, mais il ne doit pas éclipser sa carrière au cinéma qui contient plus d'un classique (au hasard : Certains l'aiment chaud et Spartacus). Quatre de ses films sortent en DVD en ce début d'année : Les Bolides de l'enfer de George Sherman (1954), Le Cavalier au masque de Bruce Humberstone (1955) et Le Héros d'Iwo Jima de Delbert Mann (1961) chez Universal, et L'Etrangleur de Boston de Richard Fleischer (1968) chez Carlotta.

Je ne résiste pas à citer quelques extraits de son autobiographie, publiée en 1995 chez Belfond :

"J'ai arraché l'oeil de Kirk Douglas dans un film. Dans un autre film, c'est Kirk Douglas qui m'a tué. Je suis le seul homme à avoir soufflé une fille à Sinatra dans un film. Je suis le seul homme à avoir soufflé deux filles à Jack Lemmon. Le seul à avoir fait tomber Burt Lancaster sur son cul. Je suis le seul fils que Yul Brynner ait jamais tué. C'est moi le fils d'Ali Baba, le sabre glissé dans la ceinture et cette fille splendide arrive, toute drapée de soie et de mousseline, elle m'embrasse, je l'embrasse, on boit du vin dans une corne de mouflon, on fait l'amour. Voilà la réalité pour moi. Pas la vraie réalité mais une de mes réalités. J'ai tourné dans une centaine de films et, à raison de trente scènes par film, ça m'a donné l'occasion de vivre trois mille de ces réalités. Pour moi, elles étaient toutes vraies et parfois elles se mélangeaient. C'est ce qui me plaît. Dans ma vie, l'imaginaire a parfois envahi le vécu, et vice versa !"

"Dans l'histoire du cinéma, j'ai apporté ma contribution. J'ai été le premier à jouer un certain type de personnage, celui qui cherche à s'évader de ses boston.jpgorigines pour progresser - L'Extravagant M. Cory, Le Roi des imposteurs, Le Grand Chantage - tous ces jeunes gens pris dans des environnements dont ils devaient se libérer tout seuls. Dans les années trente, les films offraient des portraits de jeunes gangsters mais on n'avait encore jamais dépeint un personnage aussi complexe que celui de ce jeune Indien du film Le Héros d'Iwo Jima, celui qui a issé le drapeau sur Iwo Jima et qui aspirait à une autre vie. Personne n'avait étudié le comportement d'un Blanc et d'un Noir qui se haïssent et qui sont enchaînés l'un à l'autre (Ndla: La Chaîne). Personne ne s'était demandé comment un gosse du quartier sud de Chicago pourrait devenir proprétare d'un casino pour découvrir en fin de compte que personne ne l'accepterait (Ndla : L'Extravagant M. Cory). On ne faisait pas de fims sur ces sujets-là. Et on n'en aurait pas fait sans moi parce qu'aux yeux de tous ces scénaristes, réalisateurs et producteurs, je représentais une sorte de petit dur issu de New York qui essayait de devenir quelqu'un d'autre. Le prototype du jeune Américain aux cheveux longs et gominés, sorti de nulle part. Voilà ma contribution comme "faiseur de films". Je pense mériter ce titre même si je n'ai jamais écrit de scénario ni réalisé de film. Je le fasiais à ma manière, dans toutes ces scènes où je brodais, où j'improvisais, où j'ajoutais une dimension, une intensité où un petit quelque chose qui n'était pas prévu à l'origine."

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